Nous nous sommes inscrits au séjour familial des Fazis avec la perspective de faire de grandes ballades dans la montagne. Nous avons acheté quelques cartes de la région d’Arolla, histoire de voir où nous mettons les pieds.

Tous les soirs nous ouvrons les cartes sur la table de la salle à manger et nous nous mettons à rêver avant le grand départ. A rêver de ballades dans les pâturages, à rêver de petits sommets... à rêver de grands sommets.

Après quelques jours à Arolla, les jambes un peu dérouillées, et les 2000 mètres d’altitude domestiqués, nous proposons une sortie dite de haute montagne. Objectif : Le Pigne d’Arolla (3800 mètres J). Ambitieux n’est-ce pas ? Deux jours plus tard, trois cordées de trois attaquent les pentes du Pigne. Trois cordées sur lesquelles sont répartis les montagnards les plus expérimentés… et les comiques de service. La petite troupe décolle sans stress après le déjeuner. Les sacs sont un peu lourds, mais l’altitude aidant, les montagnards chevronnés se font comiques et c’est dans l’euphorie que nous atteignons la Cabane des Vignettes (3200 mètres). Le confort d’un refuge se mesurant à la qualité des toilettes, on peut dire que la Cabane des Vignettes est un refuge grand luxe. Des toilettes dotées de la nouvelle technologie dite « à sec » (séparation en amont du pipi et du caca) avec un petit vent frais qui vous caresse les fesses.

Après une nuit trop courte, nous partons (bons derniers) à l’assaut de notre Graal. Le soleil pointe rapidement le bout de son nez, et le paysage se découvre… fantastique. Quelques heures plus tard, nous atteignons, armés de nos crampons et de nos piolets, le sommet. Vue imprenable, excusez du peu, sur le Cervin, le Mont Rose, l’Everest, le Mont Blanc et la Tour Eiffel. On est heu-reux. La descente se fait dans la bonne humeur et paradoxalement la perte d’altitude ne semble pas nuire à l’humour (à l’occasion, demandez à Jean-Martin l’histoire du stick !). Arrivés, sales et fatigués, nous n’avions qu’une idée : préparez notre prochain sommet. Ce sera la Tête Blanche. Mais c’est une autre histoire…

Sylvain (38 ans)

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